Nous adaptons la formation de Technicien d'après-vente en électroménager et audiovisuel aux besoins du métier

Yvan Bonnier, Ingénieur de Formation au bureau d’études de l’AFPA -

Nous adaptons la formation de Technicien d'après-vente en électroménager et audiovisuel aux besoins du métier

le 31 mars 2025
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L’AFPA dispense des formations pour les adultes, dont le titre professionnel de Technicien d'après-vente en électroménager et audiovisuel (TAVEA). Celui-ci a récemment évolué pour correspondre aux besoins actuels des entreprises de l’univers de la réparation. Yvan Bonnier, en charge de mettre à jour le titre TAVEA et d’accompagner les centres AFPA qui le déploient, nous explique les évolutions dont il a fait l'objet.

Nous adaptons la formation de Technicien d'après-vente en électroménager et audiovisuel aux besoins du métier

Neomag. Qu’est-ce que l’AFPA (Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes) et quel y est votre rôle ?

Yvan Bonnier, Ingénieur de Formation au bureau d’études de l’AFPA. L’AFPA, qui a été créée en 1949 dans le but de reconstruire la France après la Seconde Guerre Mondiale, a été le premier centre de formation professionnelle qualifiante. En ce qui concerne les recrutements, les stagiaires qui suivent une formation à l’AFPA ont des profils très variés. Il peut notamment s’agir de personnes en reconversion professionnelle ou éloignées de l’emploi. En 2023, l’AFPA a accompagné et formé plus de 160 000 personnes. Je travaille au bureau d’études de l’AFPA. Je suis missionné par le Ministère du Travail. Je suis chargé de mettre à jour certains titres, dont le titre TAVEA (NDLR : Technicien d’après-vente en électroménager et audiovisuel).

En quoi consiste précisément votre mission ?

J’ai deux missions – je suis dédié à 80% au MSNP (missions nationales du service public). Je suis en charge de la révision des titres professionnels, à savoir écrire les référentiels – notamment pour le titre TAVEA qui nous intéresse. Concrètement, je dois le mettre à jour pour que les futurs apprenants soient formés aux nouvelles technologies. Je suis donc en contact avec toutes les entreprises, dans lesquelles je me rends régulièrement pour identifier ce qu’elles mettent en place et quels sont leurs besoins. Pour écrire le référentiel, je suis allé à la rencontre de tout type d’acteurs qui œuvrent dans le domaine de la réparation, en ville comme en province : des GSS, des GSA qui disposent d’un service après-vente, de nombreux petits artisans, ainsi que des associations qui développent une activité de dépannage.
Cela a été complété par des veilles et des études pour écrire le référentiel avec l’aide d’un groupe de travail composé de professionnels ; ce référentiel représente les besoins du métier pour déployer le titre TAVEA.
Ma seconde mission consiste à soutenir tous les centres AFPA qui déploient le titre TAVEA. Je les accompagne dans la mise en place du plateau technique de formation, dans le recrutement du formateur (d’ailleurs nous en recherchons dans toute la France) ainsi que dans le choix des ressources techniques et pédagogiques. 

Nous adaptons la formation de Technicien d'après-vente en électroménager et audiovisuel aux besoins du métier

Exemple d’un plateau technique de formation AFPA. 

Actuellement, combien de centres AFPA dispensent le titre TAVEA en France ? Et quels sont les déploiements prévus ?

Sur 126 centres AFPA au total, répartis sur toute la France, quatorze centres ont ouvert le titre TAVEA (sachant qu’il y a cinq ans, ils n’étaient que quatre). Cinq autres ouvertures sont en projet en 2025-2026, notamment dans la région Rhône-Alpes, ou encore en Ile-de-France... L’ambition est d’en déployer encore d’autres. Sachant que cela dépend des demandes des régions, qui sollicitent l’AFPA pour ouvrir des formations dans certaines zones géographiques en fonction des besoins. Outre l’AFPA, une petite dizaine de centres bénéficient de l’agrément pour dispenser les titres TAVEA.

Nous adaptons la formation de Technicien d'après-vente en électroménager et audiovisuel aux besoins du métier

Les centres AFPA proposant le titre TAVEA sont répartis dans tout l’Hexagone.

Combien d’apprentis cela représente-t-il ? Et comment se déroule la formation de Technicien d’après-vente en électroménager et audiovisuel ?

En moyenne, il y a entre 10 et 12 stagiaires par session. La formation dure 980 heures, soit 7 mois. Sur certaines sessions, elle peut durer un peu plus longtemps. Car je prépare un synoptique détaillé à travers lequel je préconise quels thèmes doivent être abordés chaque jour, heure par heure. Mais chaque centre et chaque formateur reste libre de réagencer le planning de formation. Il arrive que certaines sessions soient exclusives à une entreprise, auquel cas, celle-ci peut demander à ce que l’accent soit mis sur un produit. Par exemple, pour l’ouverture d’une session TAVEA sur le centre d’Ifs, à côté de Caen, nous avons noué un partenariat avec Darty qui accueille tous les stagiaires. Dans ce cas, la formation peut être adaptée au plus près des besoins de l’entreprise.

Le titre professionnel TAVEA a été récemment révisé. Sur quels points a-t-il évolué et en quoi reflète-t-il les mutations du métier ?

À travers le référentiel, nous adaptons vraiment la formation aux besoins du métier. J’ai pu constater à quel point celui-ci avait évolué lorsque je suis allé à la rencontre des entreprises. Toutes m’ont fait la même demande : mettre l’accent sur le relationnel et le sens du service client – en bref sur le savoir-être. J’ai été surpris car je pensais que c’était acquis, qu’il était évident qu’il fallait s’essuyer les pieds avant d’entrer chez un client, sourire, être poli... Aujourd’hui, il est devenu évident qu’un bon technicien n’est pas seulement un professionnel qui sait bien dépanner, c’est aussi un technicien sympathique. De plus en plus également, lors de la formation, nous abordons la prise en compte des personnes en situation de handicap.
Les entreprises sont très attentives à leur score NPS, l’indice de satisfaction client – toutes insistent sur ce point. D’ailleurs, si le savoir-être est évoqué tout au long de la formation, une ou deux semaines sont dédiées à cette thématique, qui est alors abordée à travers des jeux de rôle, des mises en situation… une épreuve est dédiée à l’évaluer.
Le titre a aussi évolué par sa forme. À la différence d’un CAP/BEP, il y a deux blocs de compétences : le blanc et le brun. Auparavant, sur le blanc, il y avait trois activités : pré-diagnostiquer, diagnostiquer et remettre en état un appareil électroménager. J’ai rassemblé les deux activités de pré-diagnostic et diagnostic tout en conservant la remise en état. Et j’ai ajouté une autre compétence sur la relation client. Idem dans le domaine du brun : j’ai ajouté la même compétence sur la relation client. Un technicien peut tout à fait se former sur un unique bloc de compétences sans être obligé de se former sur la totalité du titre professionnel.

Enfin, en ce qui concerne le savoir technique, le nouveau titre a surtout été révisé pour prendre en compte la dimension connectée des appareils.

“ Toutes les entreprises m’ont fait la même demande : mettre l’accent sur le relationnel et le sens du service client ; en bref sur le savoir-être. ”

Pourquoi ne pas avoir séparé le blanc du brun ?

Lors de la révision du titre, j’ai hésité à en faire deux titres séparés. Mais j’ai évoqué cette question avec les entreprises lorsque je suis allé à leur rencontre et lors des groupes de travail. En effet, certaines n’ont pas besoin que leurs techniciens aient des compétences dans le domaine du brun, mais d’autres oui. Par ailleurs, séparer les deux titres aurait risqué de mettre en péril celui dédié au brun et au final l’activité de réparation du brun dans son ensemble. Comme je l’ai évoqué précédemment, il est toujours possible de se former exclusivement sur le blanc ou sur le brun (le technicien n’aura pas son titre professionnel complet, mais il aura son attestation de certification).

Dans un contexte où le marché français manque de réparateurs, d’autres acteurs dispensent actuellement des formations (Réseau Ducretet, Darty, Murfy…). Qu’est-ce que la formation de l’AFPA a de différent et en quoi est-elle complémentaire ?

Nous ne sommes pas concurrents et il y a de place pour tout le monde. Mais tout d’abord, nous ne touchons pas les mêmes profils. De plus, nous ne faisons pas le même métier : l’AFPA fait de la formation pour adultes depuis plus de 70 ans. Le titre d’électroménager a plus de 20 ans et il est régulièrement révisé. À travers le bureau d’études dont je fais partie, un vrai travail d’ingénierie est réalisé pour connaître les besoins réels du métier dans son ensemble.
Par ailleurs, le titre professionnel TAVEA est une certification du Ministère du Travail de niveau 4 inscrit au RNCP (NDLR : répertoire national des certifications professionnelles) équivalent au diplôme de niveau BAC, qui atteste que celui qui la possède détient les compétences nécessaires à l’exercice de ce métier. Il s’agit d’une formation poussée, en continu sur 7 mois (ou un an en alternance). À la sortie du titre, les stagiaires ont vraiment un métier et les compétences requises pour être des techniciens débutants autonomes. L’AFPA présente aussi une spécificité : les formateurs bénéficient certes d’une formation de FPA (formation pour adultes) mais initialement, il s’agit de professionnels du métier. Et l’AFPA tient vraiment à conserver cette philosophie.

“ L’AFPA fait de la formation pour adultes depuis plus de 70 ans. Le titre d’électroménager a plus de 20 ans et il est régulièrement révisé ”

Quelle est la prochaine étape ? À quelle fréquence le titre est-il révisé ?

Il est normalement révisé tous les 5 ans, sachant que cela peut être anticipé en cas de changement majeur. Pour l’instant, je visite toujours les entreprises tous les mois pour faire de la veille. D’ici un an, je vais commencer à approfondir les échanges dans le but de préparer le référentiel, dont la seule rédaction nécessite environ un an et demi.

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